La terre riche/ The fertile land

Sep – Nov 2026 Espace Adélard
Curator : Emmanuelle Jacques

Fr
Cette œuvre s’inscrit dans la continuité de mes recherches menées au cours des dernières années sur la frontière et sur les manières dont elle façonne et transforme le paysage. À la suite de l’installation La potasse, qui faisait partie de la première phase de cette recherche, cette œuvre approfondit la question de la conversion des forêts en terres agricoles, notamment au XIXᵉ siècle, parallèlement aux événements associés au Chemin de fer clandestin. Elle établit un parallèle entre les enjeux liés aux migrations actuelles et cette première vague de traversées irrégulières de la frontière vers le nord.

Bien que l’esclavage ait été aboli plus tôt au nord, les mentalités qui le sous-tendaient persistaient parmi les colons. Plusieurs des personnes ayant emprunté ces trajectoires ont contribué, par leur corps et leur travail, aux côtés des communautés autochtones, à la transformation du paysage. Leur participation a notamment été essentielle au développement de l’industrie de la potasse, qui a prospéré grâce à cette conversion des forêts en terres agricoles.

L’œuvre met en résonance ces événements historiques avec les réalités de la migration temporaire contemporaine. Elle évoque plus particulièrement la situation des travailleuses et travailleurs agricoles qui contribuent aujourd’hui à l’économie tout en étant privés de droits fondamentaux en raison de la précarité de leur statut.

L’installation est composée d’un paysage fantomatique du mont Pinacle, dessiné à partir de résidus de bois provenant de la région, tels que le charbon et les cendres. La bâche blanche utilisée comme support fait référence au travail agricole. Les coupes verticales dans la toile évoquent le caractère fragmentaire et sélectif des archives ainsi que des récits historiques. Elle intègre également du bronze issu de l’exploitation minière. Enfin, son matériau principal, le cuivre, est lui aussi lié à l’histoire locale.

Ce projet a été rendu possible grâce au soutien du Centre Adélard et par l’invitation d’Emmanuelle Jacques. Il a également bénéficié du soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts du Canada et du Lake Champlain Basin Program.

En
This work continues my research of recent years on the border and the ways in which it shapes and transforms the landscape. Following La potasse, an installation that formed part of the first phase of this research, this work further explores the conversion of forests into agricultural land, particularly during the nineteenth century, alongside the events associated with the Underground Railroad. The work draws a parallel between issues surrounding contemporary migration and this first wave of irregular crossings of the border northward.

Although slavery had been abolished earlier in the North, the mindset that sustained it persisted among settlers. Many of the people who undertook these journeys contributed, through their labour and their bodies, alongside Indigenous communities, to the transformation of the landscape. Their participation was particularly significant in the development of the potash industry, which flourished as a result of this major transformation.

The work brings these historical events into resonance with the realities of contemporary temporary migration. More specifically, it reflects on the situation of migrant agricultural workers who contribute to the economy while being denied fundamental rights because of the precarious nature of their status.

The installation consists of a ghostly landscape of Mount Pinacle, drawn using wood residues sourced from the region, including charcoal and ashes. The white tarp used as a support references agricultural labour. The vertical cuts made in the fabric evoke the fragmentary and selective nature of archives and historical narratives. The work also incorporates bronze derived from mining activities. Its primary material, copper, is likewise connected to the region’s history.

This project was made possible through the support of the Adélard Centre with the invitation of Emmanuelle Jacques. It was also supported by the Conseil des arts et des lettres du Québec, the Canada Council for the Arts, and the Lake Champlain Basin Program..

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