EN
In recent years, I have examined the border as a landscapes-making agent, particularly through its dynamics in relation to migratory movements. I am interested in the root causes of migration waves, a phenomenon often treated as an isolated subject, detached from its historical, economic, and political contexts. I am also concerned with the cultural hegemonies surrounding this issue, which have significantly contributed to the adoption of laws that facilitate the control of the bodies and movements of these individuals within societies. Tightening borders and closing legal pathways for migration do not stop people from arriving when the drivers of migration remain in place. Instead, these measures tend to redirect these movements toward irregular forms of migration, which are inherently more dangerous, and create a class of vulnerable people who contribute to the economy unofficially while being deprived of fundamental rights.
Since the beginning of my research, mythological and economic dimensions have been tied to this project. They focused on the cultural hegemonies constructed around the figure of the migrant and on its role in the sociopolitical transformations related to border issues, as well as its economic impact. Due to the scope of this component, it was set aside and now constitutes an independent project on which I am currently working.
The current project focuses on the mythological figures of Gog and Magog, or یأجوج و مأجوج, in the cultures of West Asia. These figures appear across numerous traditions under different names, and almost everywhere they embody threatening, invasive beings against whom the territory must be protected. In some narratives, they must even be walled off because of their extreme danger. In many ways, they can be seen as early ancestors of the figure of the “menacing Other.” Tracing the evolution of these figures within Christian European cultures reveals a parallel shift in Western representations and policies. For centuries, they referred to pagan peoples. In the Middle Ages, the reference shifted toward European Jewish communities. Later, it was applied to non‑white populations, often those coming from colonized territories. And in more recent history, explicit references to Muslim populations have become difficult to ignore. As Charles W. Mills writes at the beginning of his book The Racial Contract: “White supremacy is the political system that, without ever being named, has made the modern world what it is today”.
In 2003, during the Iraq War, press reports indicated that U.S. President George W. Bush, in an effort to persuade France to join the military intervention, allegedly invoked Gog and Magog during a phone call with French President Jacques Chirac, presenting them as a threat that needed to be confronted before it could “invade us.” You can find the details of this exchange in the link below.
https://www.theguardian.com/commentisfree/andrewbrown/2009/aug/10/religion-george-bush
For this project, I am working with ceramic and metal materials for the first time, learning both foundry and ceramic‑making techniques. Both materials originate from the earth and evoke human civilization as well as the passage of time. Exploring these two mediums for the first time adds an experimental dimension to the outcome. Images documenting the process will be added here as the work progresses.
This body of work is the result of two research residencies: a six-week research residency focused on the French-British border, and another in Southern Québec close to the Canada-U.S. border. This body of work explores the modest or recycled materiality derived from the everyday lives of people in motion, as well as the landscape they traverse. The project explores the modest or recycled materiality derived from the everyday lives of people in motion, as well as the landscape they inhabit, through elements such as tarps and transport pallets. It also examines the visual representation of a frozen movement; to achieve this, I have used concrete and stop motion.
Borders are not merely lines separating territories; they are interfaces of power that reshape the lives, bodies, and narratives of those they circumscribe. Like an elastic element, the border continues to affect the displaced body long after it has been crossed. By imposing control over movement, borders erase, render invisible, and fragment the trajectories, stories, and futures of exiles. Through a metaphorical vocabulary, this body of work examines the tension between the border-space and the body rendered illegal, a process in which the human is dehumanized through the imposition of identity and legal status.
The first phase of this body of work has been presented in the fall of 2025, at Galerie B-312, in Montréal.
A second chapter of this research is currently underway as part of the Intersection Residency. The work resulting from this research will be presented in Autumn 2026 at Optica Center in Montréal, and will also be included in a collective project at Espace Adélard in Frelighsburg.







FR
Pendant les dernières années, mon corpus éxaminait la frontière en tant qu’agent de transformation et de formation de nouveaux paysages, notamment à travers sa dynamique vis‑à‑vis des mouvements migratoires. Je m’intéresse aux causes profondes des vagues migratoires, un phénomène souvent traité comme un sujet isolé, détaché de ses contextes historique, économique et politique. Je m’intéresse également aux hégémonies culturelles entourant cet enjeu, qui ont largement contribué à l’intégration de lois facilitant le contrôle des corps et des mouvements des personnes en mouvement au sein des sociétés. Le resserrement des frontières et la fermeture des voies de migration légale n’empêchent pas l’arrivée de personnes immigrantes lorsque les facteurs qui les poussent à partir demeurent. Au contraire, ces mesures tendent à rediriger les mouvements migratoires vers des formes d’immigration irrégulière, forcément plus dangereuses, et à créer une classe de personnes vulnérables qui contribuent à l’économie de manière non officielle tout en étant privées de droits fondamentaux.
Depuis le début de mes recherches, des dimensions mythologiques et économiques étaient associées à ce projet. Elles portaient sur les hégémonies culturelles construites autour de la figure de la personne migrante et sur son rôle dans les transformations sociopolitiques liées aux enjeux frontaliers, ainsi que sur son impact économique. Il s’agit désormais un projet indépendant sur lequel je travaille actuellement.
Le projet en cours s’intéresse aux figures mythologiques de Gog et Magog ou یأجوج و مأجوج. Celles‑ci apparaissent dans de nombreuses traditions sous différents noms et incarnent presque toujours des êtres menaçants et envahissants contre lesquels il faudrait protéger le territoire. Dans certains récits, on doit même les enfermer derrière un mur en raison de leur dangerosité. D’une certaine manière, ils constituent les ancêtres de la figure de « l’autre menaçant ». En suivant l’évolution de ces figures dans les cultures chrétiennes européennes, on observe un déplacement parallèle des représentations et des politiques occidentales. Issue des récits bibliques, pendant des siècles, ils renvoyaient aux peuples païens. Au Moyen Âge, la référence se déplace vers les communautés juives européennes. Plus tard, elle s’applique aux populations non blanches, souvent issues des territoires colonisés. Et, dans l’histoire récente, on ne peut ignorer les références explicites aux populations musulmanes. Comme l’écrit Charles W. Mills au début de son ouvrage Le contrat racial, traduit par Alias Webster : « La suprématie blanche est le système politique qui, sans jamais être nommé, a fait du monde moderne ce qu’il est aujourd’hui ».
En 2003, durant la guerre en Irak, des articles de presse ont rapporté que le président américain George W. Bush, cherchant à convaincre la France de rejoindre l’intervention militaire, aurait évoqué Gog et Magog lors d’un échange téléphonique avec le président français Jacques Chirac, les présentant comme une menace qu’il faudrait affronter avant qu’elle ne « nous envahisse ». Vous trouverez les détails de cette conversation dans le lien ci‑dessous.
https://www.theguardian.com/commentisfree/andrewbrown/2009/aug/10/religion-george-bush
Pour ce projet, je travaille pour la première fois avec des matériaux en céramique et en métal, en apprenant à la fois les techniques de fonderie et de fabrication céramique. Ces deux matériaux, issus de la terre, renvoient à la fois à la civilisation humaine et au passage du temps. L’exploration de ces deux médiums pour la première fois ajoute une dimension expérimentale au résultat final. Des images documentant le processus seront ajoutées ici au fur et à mesure de l’avancement du travail.
Ce corpus est ancré dans deux résidences de recherche : l’une autour de la frontière Franco-britannique, et une autre au sud du Québec proche de la frontière entre le Canada et les États-Unis. Ce corpus explore la matérialité modeste ou recyclée issue des vies quotidiennes des personnes en mouvement, ainsi que les paysages qu’elles traversent. Ce travail s’intéresse également à la matérialité modeste ou recyclée des éléments tels que les bâches et les palettes de transport, qui témoignent des environnements qu’elles habitent. Il examine en outre la représentation visuelle d’un mouvement figé ; pour atteindre cet objectif, j’ai utilisé du béton et la technique d’animation image par image.
Les frontières ne sont pas de simples lignes séparant des territoires : elles sont des interfaces de pouvoir qui reconfigurent les vies, les corps et les récits de ceux qu’elles circonscrivent. Comme un élément élastique, la frontière continue d’affecter le corps déplacé bien après son franchissement. En imposant un contrôle sur le mouvement, elles effacent, rendent invisibles et fragmentent les trajectoires, les récits et les avenirs des exilé·e·s. À travers un vocabulaire métaphorique, ce corpus examine la tension entre l’espace-frontière et le corps rendu illégal, un processus où l’humain est déshumanisé ppar l’imposition d’une identité et d’un statut légal.
La première phase de ce corpus a été présentée à l’automne 2025 à la GalerieB-312 à Montréal .
Un deuxième chapitre de ces recherches est actuellement en cours dans le cadre de la résidence Intersection. Le travail issu de ces recherches sera présenté à l’automne 2026 au centre Optica, à Montréal, ainsi qu’au sein d’un projet collectif à Espace Adélard, à Frelighsburg.








Des liens pour visionner des vidéos :
Different parts of this research were supported by the CALQ and the CAM.
Différentes parties de ces recherches ont bénéficié du soutien du CALQ et du CAM.

