LES PAYSAGES DÉPLACÉS II

DISPLACED LANDSCAPES II

2021 Symposium international d’art contemporain de Baie‑Saint‑Paul
2021 Espace Adélard
2023-24 The National Gallery of Canada, as part of Riopelle: Crossroads in Time, curated by Sylvie Lacerte
2024 The Winnipeg Art Gallery, as part of the touring exhibition of the same project

En
This work is composed of 360 acrylic drawings on vellum paper. The drawings depict places where the landscape has been radically altered or has disappeared as a result of human activities such as resource extraction, dam construction, or war.
The project was first developed in 2021 during the International Symposium of Contemporary Art in Baie‑Saint‑Paul, Quebec. During the creation process, I did not identify the locations I was drawing; as the series grew, all produced with the same washed‑out technique, it became very difficult, if not impossible, to recognize them. This loss of reference, this erasure of memory, became an integral part of the concept.
For a second iteration of the work, I added broken mirror fragments to the installation. This element first resonated with the notion of destruction, which is central to the project. The visual effect of the shattered mirror also evokes reflections on water; in many of the depicted landscapes, environmental destruction is linked to drought or the mismanagement of natural resources. In addition, it refers to an ancient Sufi myth that suggests truth becomes visible only through a broken mirror. Rûmî, the great poet, expresses this idea through a well‑known metaphor:


“Truth was a mirror that fell from the sky and shattered.
Each person picked up a fragment
and imagined they possessed the whole of truth.”

حقیقت آینه‌ای بود که از آسمان فرو افتاد و شکست
هر کس پاره‌ای از آن برگرفت
و پنداشت که همهٔ حقیقت نزد اوست
فیه ما فیه

FR
Cette œuvre est composée de 360 dessins à l’acrylique sur le papier vélin. Les dessins représentent des endroits où le paysage a été radicalement modifié ou a disparu à la suite d’activités humaines telles que l’extraction, la construction de barrages ou les guerres.

L’œuvre a été développée initialement en 2021 lors du Symposium international d’art contemporain de Baie‑Saint‑Paul, au Québec. Pendant le processus de création, je n’identifiais pas les lieux représentés; au fur et à mesure que les dessins s’accumulaient, tous réalisés avec la même technique délavée, il devenait très difficile, voire impossible, de les reconnaître. Cette perte de repères, cette forme d’effacement de la mémoire, faisait partie du concept.

Pour une deuxième itération de l’œuvre, j’ai ajouté du miroir brisé à l’installation. Cet élément résonnait d’abord avec la notion de destruction, centrale dans le projet. L’effet visuel du miroir brisé évoque également le reflet dans l’eau. Dans plusieurs des paysages dessinés, la destruction environnementale est liée à la sécheresse ou à une mauvaise gestion des ressources. De plus, il fait référence à un ancien mythe soufi selon lequel la vérité ne devient visible qu’à travers un miroir brisé. Rûmî, le grand poète, exprime cette idée à travers une métaphore bien connue :

« La vérité était un miroir tombé du ciel et brisé.
Chacun en ramassa un fragment
et s’imagina détenir toute la vérité. »

Photos : Laurence Grandbois Bernard, Sylvie Lacerte and myself.